L'Oeil du Xeul

"Nous vivons à une époque où le superflu est notre nécessité" O. Wilde

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Lieu : Paris, France

Alex Gaudin est Planneur Stratégique dans une agence de publicité. Après des études de sociologie sur les Sounds System Techno, part travailler en Afrique du Sud pendant un an, avant de revenir s'investir en France dans le domaine culturel, à travers l'organisation de concerts pour des artistes de jazz. Travaille également pendant dix ans au sein du Montreux Jazz Festival.

22 février 2008

Mourir en bonne santé ?



















Résumons. Depuis quelques mois, et au nom du grand principe de réduction du déficit de la sécurité sociale, le gouvernement encourage les citoyens à se soigner, dans certains cas, par eux-mêmes.
Ainsi, quelques 200 médicaments seront bientôt accessibles en vente libre dans les pharmacies. Et qui dit vente libre dit concurrence et qui dit concurrence dit intérêt du consommateur.
Ce n’est pas moi qui le dit, c’est l'un des fondements du système libéral.
Ainsi Roselyne Bachelot explique que cette initiative s’inscrit dans « une démarche de concurrence dont on sait qu'elle fait baisser les prix".
Le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens applaudi des deux mains : « C'est une excellente nouvelle pour le patient, qui devient plus participatif au choix de son traitement, plus responsabilisé ».
Le Leem, qui regroupe les entreprises du médicament, est lui aussi ravi.
Bref, circulez, y’a rien à voir.
La nouvelle logique serait donc la suivante : problème bénin, plus besoin de consulter un médecin, allez directement en pharmacie, et débrouillez vous face à l’ensemble de l’offre au sein de laquelle vous n’aurez plus qu’à choisir le moins coûteux, pour réduire le déficit de la sécu. Elle est pas belle la vie !
Alors du coup, forcément, on se renseigne…
En France, l’info médicale est diffusée de façon quasi exclusive auprès des médecins par ce qu’on appelle des visiteurs médicaux – en termes concrets des commerciaux chargés de vanter les qualités des médicaments fabriqués par les labos pharmaceutiques pour qui ils travaillent. Bref de l’info neutre, garantie sans intox…
Et cela marche, enfin tout dépend pour qui. L’Inspection Générale des Affaires Sociales (Igas) – qui n’est pas à priori un repère de rigolos – a ainsi remis en août 2007 au ministre de la santé un rapport qui rappelle avec force la mainmise de l’industrie pharmaceutique sur la formation des médecins et l’information du grand public.
Un rapport suffisamment instructif pour qu’il ne soit pas publié…et qui démontre à quel point l’information médicale d’un médecin lambda est prise en charge par l’industrie pharmaceutique.
L’UFC-Que choisir a également fait paraître le 15 janvier dernier une étude qui estime qu’entre 2002 et 2006, « des centaines de millions d’euros auraient pu être économisés, à qualité de soins égale, si l’information apportée aux médecins avait été meilleure »…
Alors on se dit, si déjà les médecins ont du mal à faire le tri entre réelle information médicale et publireportage, comment vont s’en sortir les simples consommateurs pour faire le tri face à la diversité de l’offre médicale en libre accès.
C'est une autre étude, publiée dans une revue médicale indépendante américaine, le Plos, qui nous amène des éléments de réponse.
Ce sont les entreprises du médicament qui vont expliquer aux consommateurs quels sont les bons médicaments à prendre.
Comment ? En faisant de la publicité pardi ! Attention, il ne s’agit pas dire qu’il ne faut pas communiquer sur les bienfaits de ses produits, dans un secteur ultra-concurrentiel. Il s’agit juste de savoir dans quelles proportions.
Car aujourd’hui, il semble, au vu des résultats de l’étude publiée par le Plos, que les proportions sont quelque peu disproportionnées: « it appears that pharmaceutical companies spend almost twice as much on promotion as they do on R&D. These numbers clearly show how promotion predominates over R&D in the pharmaceutical industry, contrary to the industry's claim”.
Autrement dit, en 2004, les labos américains ont dépensé en marketing la somme de 57 milliards de dollars en marketing contre 30 milliards en R&D…
Il serait donc intéressant de disposer de chiffres antérieurs pour pouvoir estimer l'évolution de ce ratio entre investissements R&D et investissements marketing.
Le marketing serait-il devenu le remède à une panne d’innovation médicale ?
Et bien voilà, c'était un peu le deuxième coup de gueule de la semaine avant quelques jours de vacances qui me tiendront éloigné de ce blog.


21 février 2008

Coup de gueule





Le rapport Coulon sur la dépénalisation du droit des affaires était remis ce mercredi à Rachida Dati, qui en profitait pour donner une interview dans les Echos du même jour.
Dès la première question, la ministre de la justice va droit au but : « Le droit pénal des affaires est un droit qui manque aujourd’hui de cohérence, de lisibilité et donc d’efficacité. Le droit ne peut être un frein à l’initiative économique ». La question qui se pose naturellement est donc : l’initiative économique peut-elle être un frein au Droit ? Et la réponse, parfois positive à mon avis, nous est fournie dans un article du Monde de février 2007, qui évoquait la publication du rapport annuel du Conseil des prélèvements obligatoires. Le montant annuel de la fraude fiscale et sociale équivaut grosso modo au déficit budgétaire de l’Etat (36.2 mds €) et était estimé en 2007 dans une fourchette de 29 à 40 milliards d’euros.
Quant « l’initiative économique » a les coudées tellement franches qu’elle engendre une délinquance en col blanc qui se chiffre en dizaine de milliards, il est effectivement urgent de revoir le droit pénal des affaires. Mais pas forcément dans le sens prévu par Dati. Et dans ces moments là, on ne peut que s’interroger sur le peu d’articles ou d’appétit des journalistes à mettre ces chiffres en perspective avec le coût financier de la délinquance dite ordinaire, ou réservée à ceux pour qui les délits d’initié, abus de biens sociaux et autres joyeusetés fiscales (sur le mode allemand ?) sont de facto inaccessibles.
Le coût de la délinquance « ordinaire » est évalué lui à 10 milliards d’euros. On est donc dans un rapport de 1 à 3 voire 4.
Toujours dans le même article, Mme Dati prêche pour « une politique claire de répression des infractions financières », car « aujourd’hui, des parquets classent certains « petits » délits financiers alors que d’autres poursuivent systématiquement » ! Mais Mme Dati découvre la justice ou feint la naïveté ? Pourquoi tous les people ont-ils une affection particulière pour le Tribunal de Nanterre lorsqu’il s’agit de réclamer des dommages et intérêts à des titres de presse ? Pourquoi le fait de se faire attraper avec une barrette de shit vaut selon le tribunal où l’on sera jugé, la relaxe ou des mois de prisons ?
En conclusion, et pour répondre à cette mâle déclaration que « le droit ne peut être un frein à l’initiative économique », je ne peux qu’inviter Mme Dati à lire, si ce n’est déjà fait, le livre de Roberto Saviano, Gomorra, qui nous plonge dans l’empire de la mafia napolitaine, la Camorra. On y voit en effet à quel point réseaux mafieux et réseaux économiques sont profondément imbriqués, jusqu’à ne plus savoir parfois qui est qui.
Alors oui à la cohérence juridique, mais de grâce ne nous dites pas que le droit est un frein à l’initiative économique ! Car sans droit, et on peut écouter l’avis de Robert Reich – « les entreprises ne peuvent pas être socialement responsables », c’est la planète qui risque d'être à la merci des grandes entreprises, et alors adieu le Droit…à entre autres une planète durable.

19 février 2008

Musica

Après Honda et son choeur,

après le Vegetable Orchestra,

Voici venu l'Orchestre en hommage à la nouvelle Ford Focus:

18 février 2008

Natural Born Clickers













Et non, il ne s'agit pas d'une nouvelle typologie des jeunes internautes, mais du titre d'une étude américaine dont les conclusions remettent quelque peu en question le système actuel de négociation des achats d'espace en ligne, à savoir le taux de clic sur un pop-up ou bannière comme monnaie d'échange pour évaluer l'efficacité d'une campagne online.
Réalisée par Starcom et comScore, l'étude révèle qu'une toute petite partie des internautes, peu représentative de la population totale des internautes, est à l'origine d'une majeur partie des clics sur des pubs online.
On savait déjà qu'une vaste majorité des internautes a horreur des pop-up et autres bannières publicitaires, on sait dorénavant et c'est comme toute logique que 6% de la population des internautes US est responsable de 50% des clicks sur des pop-up. C'est ce qui s'appelle de la pub vraiment ciblée, mais est-ce la bonne cible ?
En illustration, jolie démonstration de l'effet Axe!

14 février 2008

Nouveaux profils pour secteur en chamboulement
















Ah, si on voyait passer plus souvent des offres d'emploi comme celle-ci, dégottée sur ">Agency Spy.  A moins qu'il ne s'agisse que d'une bonne pub au final !

1. Deep Focus - Account Director, New York, NY

“I want people that are sponges — people that can soak up information and then wring it out in puddles of genius. People that can tell me the most recent non-fiction book they’ve read. People that understand (and write) blogs. People that know what the EFF is. People that can quote movies and can DJ. People that can compare sneakers with me. People that know creative is just art unless it’s put in the right context and seen by the right people. People that can admit they are wrong. People that know the difference between “its” and “it’s”. People that can beat me in Rock Band. People that have opinions. People that want to rise up-ah. People that believe they can make a difference. People that are willing to use their powers for good — not evil. People who realize that they are consumers too. People that want to be in advertising because they hate advertising. People that are english, psychology, computer science or math majors. People who know who Lee Majors is. People who can not only learn, but teach. People that can lead. And people that are probably reading this right now. Yeah. You.”

Obligé de finir avec une bonne pub.

13 février 2008

En voilà une bonne question !



envoyé par rue89

12 février 2008

“Matter is a box full of things you might like…keep”
















Reçue jeudi dernier à la maison, après m’être inscrit sur leur site par curiosité, Matter est une initiative anglaise qui renouvelle l’exercice du marketing direct.
Leur créneau ? « 'In an increasingly virtual world, we're beginning to appreciate the value of real things. Matter is a box full of interesting stuff–a way for companies to talk to people by giving them things”
Le principe repose sur la bonne vieille mécanique du colis de maternité: regrouper des objets de marques différentes dans un même contenant.

Laissons parler Matter de leur projet: « Matter works a little like a magazine by creating specific boxes for different audiences, except each bit of 'content' is in fact a different object each created by a different company. Matter works with each company to create items you'll enjoy getting, which might be something that explains what the company does, its ideas or its values, or simply something to try out.”
Au menu de la première, il y avait donc un calendrier Virgin Atlantic qui offre 100 pass pour venir découvrir leur nouveau salon d’accueil à Heathrow, mais aussi des petits pots de pâte à modeler Play-Doh proposés par Sony Bravia, surfant ainsi sur la dernière campagne. Ou encore un pin’s offert par la vodka Stolichnaya, des crayons savons from Nissan. Bref, je ne vais pas vous faire la liste complète (9 produits au total) mais elle est ici ainsi que les visuels. Il existe aussi un lien sur Flickr.
Le packaging est de qualité et recyclable, les produits privilégient les matières recyclées –peu de plastique – et peuvent être donnés aux enfants, amis en fonction des envies.
La prochaine édition de Matter partira à l’été 2008 et sera destinée à de jeunes hommes de 25 à 35 ans.
Bravo Matter !

07 février 2008

3 ans




















Février 2005 - Février 2008, trois ans de blog déjà!
En quelques chiffres, celà donne plus de 600 papiers publiés, 42 000 visites, 75 000 pages vues, le 837eme blog recensé par Wikio sur un total de 48816 blogs français et en poussant à une échelle mondiale, soyons fous, le 4 926 689eme site en terme de trafic, selon Alexa...
Sans parler des découvertes, rencontres que m'a permis ce blog.
Du plaisir de découvrir les quelques articles de presse me concernant, qui quoi qu'on en dise, sont souvent agréables à découvrir...
Bref, un enrichissement continu dans l'échange d'idées et le plaisir de la découverte.
Mais au-delà des chiffres, et c'est à vous que je m'adresse, lecteurs des premiers jours ou fraichement débarqués, j'aimerais avoir votre retour sur ce qui vous intéresse dans ce blog, quel est son intérêt, qu'est-ce qui vous plaît et vous déplaît (sachant que l'objectif n'est pas de "plaire"), bref en une phrase, pourquoi venez vous ici ? Merci de vos réponses. Alex

05 février 2008

Cool pub...















Savoureux papier trouvé sur "Advertising for peanuts". Je me permet donc de le reproduire tel quel.


With all the focus among us advertising creatures on what the cool new thing is, how many of us are working on accounts that are susceptible to that thing, whatever it is?

I keep thinking that, while we all look at and talk about cool advertising stuff online and in trade journals and so on, it’s probably only one percent of us or five percent of us that actually do that stuff, while the rest of us are working on updating a cereal box, or developing a postcard mailer to executives at banks, or refreshing the website of a manufacturer of fasteners, or creating in-store signage at some donut chain, or shooting another sappy hospital commercial or a spot for energy bars or Endust, or putting together a sales kit to doctors promoting some new pharmaceutical product or working on some piece of a telecommunications company’s vast direct mail program or a new 4th of July promotion for frozen fish sticks or yet another banner ad for wireless headphones or . . .

None of which really qualifies, generally, as the cool stuff. So that little sliver of the industry represented by the Crispins and the Goodbys and the Chiats and the Mothers and the [insert other hip agencies here] gets to work on the cool stuff (though, truth be told, only a certain portion of the folks at those agencies get to do the cool stuff while another sizeable portion are relegated to doing the less cool stuff for presumably otherwise cool clients.)

The remainder of us, the vast majority, will never work at those places. Instead, we will labor at the big dinosaur agencies like DDB and DraftFCB and Burnett and Grey and BBDO and Burnett and JWT, where one half of one percent of the work approaches coolness and is submitted for consideration at Cannes, etc.

Or we work at unremarkable mid-sized and small ad agencies or design firms or interactive firms or DM houses or promotions houses or we are freelance, and we do all the “workmanlike” heavy lifting that keeps American commerce’s conversation going, fueling the machine of free enterprise and we take pride in occasionally solving very hard communications problems with solutions that are more eloquent and interesting than anyone cares to hear us explain.

Or we don’t, and instead we crank out crap, knowing full well that it’s crap, and we look at and talk about cool advertising stuff online and in trade journals and so on.

Ask not for whom the bell curve tolls. It tolls for thee. And me."